La Guerrière


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Caractéristiques

La Guerrière est une frégate mixte de 1er rang construite selon les plans de Boucher et Masson aux chantiers navals de Brest et transformée sur cales. Elle fut mise sur cales le 8 juin 1848, et son lancement eut lieu le 3 juin 1860. Elle fut en service du 22 octobre 1861 au 28 mai 1888, date à laquelle elle est « rayée », avant sa démolition en 1912.

la Guerrière

C’était un navire à la coque bois, avec des dimensions de 78m 10 x 14m56 x 6m53, jaugeant 3596 tonneaux, pour un équipage de 466hommes (545 en 1866). En 1880, elle était armée de 30 canons de 30 rayés pour la batterie 1, et de 4 canons de 30 rayés pour la batterie 2. Il faut rajouter à cet armement 4 canons de 14 cm et 1 de 4 cm sur les gaillards. La propulsion s'effectuait au moyen d'une machine Creusot de 600 CV, avec une hélice à puit. 

Historique

la Guerrière

En mai 1858 la Guerrière est transformée selon les plans de Courtebaisse. En décembre 1858 les plans sont modifiés par de Robert. Le 9 novembre 1861, elle fait escale à Fort de France, et en novembre de la même année, elle fait partie de l'escadre de l'amiral Jurien de La Gravière au Mexique, où elle a embarqué des éléments du corps expéditionnaire à destination de la Vera-Cruz, avant d'être sur rade à La Havane le 28 décembre 1861. Le 30 septembre 1862, on la retrouve sur rade à New-York, ainsi qu'en juillet 1863, avant de passer au bassin dans cette même ville, en octobre 1863 pour étancher une voie d'eau. Puis elle quitte New-yok pour la Guadeloupe, et arrive à la Martinique en décembre 1863. Le 15 janvier 1864, elle appareille pour Brest. En 1865-1866, elle est stationnée en Chine, où elle mouille le 7 juin 1866 à l'entrée du Wan-Poo, qui arrose Shangaï, sous les ordres du Commandant de vaisseau Olivier. En octobre 1866, elle participe à la campagne de Corée et à la prise de Kan-Hoa. Le 29 novembre 1867, la Guerrière embarque deux compagnies d'Infanterie de Marine à destination du Japon, puis appareille de Hong-Kong pour la France, le 5 février 1868, toujours sous les ordres du commandant de vaisseau Olivier.
L'année 1869 voit la transformation de la Guerrière en transport à deux batteries avec d'un pont supplémentaire allant de l'avant à l'arrière du navire au-dessus le pont supérieur, que l'on appelle spardeck, dans les chantiers navals de Lorient. Et en janvier 1870, toujours à Lorient, elle est armée en transport de troupes.
En 1871, après avoir rapatrié les prisonniers français d'Allemagne, elle assure le transport des déportés en Nouvelle-Calédonie, sous les ordres du capitaine de frégate Boucarut.
Pour terminer sa carrière, la Guerrière est au service de l'Algérie en 1874, puis participe à l'expédition de Tunisie en 1881, avant d'être désarmée entre 1883 et 1888, date à laquelle elle est "rayée", le 28 mai. De 1892 à 1912, elle est à la caserne des marins vétérans, cette dernière année où elle est démolie.


la Guerrière

2ème convoi de déportés 

la Guerrière

La Guerrière est une ancienne frégate à hélice transformée en transport de troupes, mise en service en 1860 et prévue pour le transport de déportés vers la Guyane. Le 1er juin 1872, elle charge en rade des Trousses, 125 déportés en provenance de l'île d'Oléron, et le 2 juin, 164 en provenance de la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Deux de ces prisonniers, Michaud et Rapin furent débarqués, en attente de leur recours en grâce qui sera refusé. Il semble qu'un autre détenu aurait quitté le bord, mais il y a là une certaine confusion car on retrouve son nom, Laroche, sur les registres de la déportation. 

Le 5 juin 1872, la Guerrière appareille pour Brest, où elle débarque un des déportés du dépôt de Saint-Martin-de-Ré, dirigé sur le fort de Quélern. Le 11 juin embarquent charger 392 déportés en provenance de ce même fort de Quélern, dont 142 viennent du fort du Homet à Cherbourg. Ceci porte l'effectif total de déportés embarqués à 680, parmi lesquels on peut citer Jourde, Pain et Verdure. Il y a aussi des passagers libres : 6 gendarmes et 4 fonctionnaires de l'Administration pénitentiaire.

Suite à tous ces mouvements la Guerrière quitte Brest pour la Nouvelle-Calédonie le 13 juin 1872. Ce convoi comptera trois morts parmi les déportés. Un nommé Corgelles, phtisique et presque mourant lorsqu'il avait été déclaré "apte au voyage" par la commission de contrôle, dont le président aurait déclaré pour conclure son diagnostique "il faut bien que les requins mangent", meurt le jour du départ est sera immergé. Au cours du voyage, les déportés d'Hainaut et Rossignol décèdent aussi et seront de même immergés.

L'équipage est composé de 226 officiers et matelots, sous les ordres du capitaine de frégate Boucarut. Ainsi près de 900 personnes vont devoir vivre effectuer la traversée, ce qui va conditionner les escales, pour cause de ravitaillement nécessaire. L'itinéraire emprunté longe les côtes du Portugal puis celles d'Afrique pour faire une première escale à Gorée le 1er juillet 1872. On profite es quelques jours d'escale pour débarquer à Dakar un fonctionnaire malade, Cordonnier, distributeur de la déportation. Le navire prend ensuite la direction du Brésil, où il arrive vers la fin juillet à Santa-Catarina. Cette escale est la plus longue, car il faut se ravitailler en vivres et en viandes fraîches pour plusieurs semaines. Les déportés en profitent pour acheter des oranges aux marchands venant en barque offrir leurs produits, et Jourde expédie une lettre à sa famille en date du 14 août 1872. Le reste de l'itinéraire est classique, à savoir Le Cap, le détroit de Bass. 

L'arrivée à Nouméa a lieu le 2 novembre 1872. Deux des déportés, Lemesnager et Mart, dont le premier a vu sa peine commuée en détention, et le second avait été embarqué par erreur, restent à bord de la Guerrière en vue de leur rapatriement en France. Ils seront débarqués 1er mai 1873. Un troisième, Leroy, débarque à Nouméa, mais sera rapatrié par la Garonne lors de son voyage de retour après avoir transporté le troisième convoi. La Guerrière, après avoir débarqué 445 déportés à l'île des Pins, repart de Nouméa le 14 décembre 1872, empruntant un itinéraire (page 1, page 2) avec escale dans la baie de Bonne-Anse, et passant au large de Diego-Ramirez et des îles Malouines notamment, pour arriver à Toulon le 30 avril 1873.

la Guerrière

Dossier CAOM 

Le dossier de la Guerrière conservé au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence (13) contenait  25 pièces différentes non classées par ordre de date ou autre: 

1- Etat des passagers débarqués du transport la Guerrière à Toulon le 1er mai 1873 (page 1, page 2, page 3, page 4, page 5),

2- Rapport sur le convoi de déportés du 29 novembre 1872 (très intéressant et instructif) (page 1, page 2, page 3, page 4, page 5, page 6, page 7, page 8, page 9, page 10),

3- Lettre du gouverneur de La Richerie au Minsitre de la Marine du 2 décembre 1872 (page 1),

4- Lettre du Ministre de la Marine au gouverneur de la Nouvelle-Calédonie du 13 mars 1872 (page 1),

5- Extrait d'un rapport du commandant de la Guerrière du 9 décembre 1872 (page 1),

6- Extrait d'une lettre du gouverneur de la Nouvelle-Calédonie en date du 9 cotobre 1872 (page 1),

7- Etat nominatif des détenus déportés partis pour la Nouvelle-Calédonie dont les dossiers n'ont pu être retrouvés dans les archives militaires (page 1),

8- Extrait d'un rapport du commandant de la Guerrière à Dakar le 8 juillet 1872 (page 1),

9- Extrait d'une lettre du commandant de la Guerrière à Dakar le 1er juillet 1872 (page 1),

10- Lettre du Ministre de la Marine au gouverneur de la Nouvelle-Calédonie du 5 juillet 1872 (page 1),

11- Envoi de documents concernant les déportés de la Guerrière du 5 juin 1872 (page 1, page 2),

12- Lettre du Ministre de la Marine convoquant Mr Garat pour prendre place parmi les passagers de la Guerrière (page 1),

13- Billet concernant des passagers de la Guerrière (page 1), 

14- Télégramme pour Mr Cassabois l'invitant à embarquer sur la Guerrière (page 1),

15- Lettre du Ministre de la Marine au Préfet Maritime de Brest du 30 mai 1872 (page 1),

16- Etat nominatif des passagers qui ayant été annoncés ne se sont pas présentés ou n'ont pas été embarqués (page 1, page 2, page 3, page 4, page 5),

17- Note pour la Direction des Colonies du 22 juin 1872 (page 1),

18- Note pour le Cabinet du Ministre en date du 21 juin 1872 (page 1),

19- Lettre du Préfet Maritime de Brest au Ministre de la Marine du 7 juin 1872 (page 1, page 2),

20- Lettre d'information sur les déportés à embarquer sur la Guerrière par le Préfet Maritime de Brest au Ministre de la Marine du 30 mai 1872 (page 1, page 2).

21- Lettre de la 1ère Division militaire au chef de cabinet du Ministre de l'Intérieur du  1er juin 1872 (page 1, page 2),

22- Dépêche télégraphique concenant Claude MICHAUT du 29 mai 1872 (page 1),

23- Liste nominative des condamnés à la déportation détenus au dépôt de déportés de Saint-Martin-de-Ré, et reconnus, par la commission de visite désignée par M. lePréfet Maritime de Rochefort, dans l'impossibilité momentanée, sous le rapport de la santé, de faire la traversée de la Nouvelle-Calédonie (page 1),

24- Liste nominative des condamnés à la déportation détenus au  château d'Oléron, examinés par la commission de visite désignée par M. lePréfet Maritime de Rochefort et reconnus hors d'état de pouvoir être embarqués pour la Nouvelle-Calédonie (page 1),

25- Rapport du directeur du Service de Santé présidant la commission de visite au Préfet Maritime de Rochefort du 30 mai 1872 (page 1, page 2, page 3, page 4).

Sources :

- Déportés et forçats de la Commune : de Belleville à Nouméa, par Roger Pérennès, Nantes, Ouest Editions, 1991.

- Site Internet http://dossiersmarine.free.fr:fs.html

- Dossiers des navires au Centre des Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence, série H30.

Crédits photgraphiques :

- Site Internet http://dossiersmarine.free.fr:fs.html pour la photo de la Guerrière.

- Numérisations archives par Bernard Guinard.

- Photos envoyées par Claude Millé.

- Numérisations de pages de la Revue Hydrographique de 1873, envoyée par Jean-François Lonc.

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