Antoine
LAVENIR
voit le
jour le jeudi 5
août
1830
à La Chapelle de Guinchay
(Saône et Loire). Tonnelier de profession, il monte
à
Paris où nous retrouvons
sa trace en 1871, 21
rue de Gallois dans le XIIème
arrondissement. Simple
garde, pendant
le premier Siège, à la 2ème
compagnie
de marche du 126ème
bataillon de la Garde nationale, il continue son service sous la
Commune. Le 3
avril, il est blessé lors de la sortie de
Châtillon et
demeure jusqu’au 22 à
l’hôpital Necker. A partir de cette date, il est
attaché à la mairie du XIIème
arrondissement et devient
« l’un des acolytes de
Philippe ». Le
25 mai, il se présente, ceint d’une
écharpe de
franc-maçon, chez un sieur
Vincent et le menace parce qu’il refuse de servir la Commune.
Il se serait
vanté d’être chargé
d’incendier la
mairie de Bercy. Dans les premiers jours de
l’insurrection, il est
délégué de compagnie
et, en tant que tel, fait partie du
comité de la rue d’Aligre. Il aurait
cessé
d’exercer ces fonctions le 4 avril.
Antoine quitte Paris le 29 mai et se rend à Melun
où se
trouve sa femme Estelle
née DACHEUX. Il est arrêté le 26 juin
1871. Le 5ème
conseil
de guerre le condamne le 8 juillet
1872 aux travaux forcés
à
perpétuité. Il avait
encouru antérieurement trois condamnations : le 21
juillet
1863, quinze
jours de prison pour avoir détourné au
préjudice
d’autrui une somme d’argent
qui lui avait été remise à titre de
mandat ;
le 5 décembre 1866, huit mois
de prison pour vol ; le 12 décembre 1866, six jours
de
prison pour coups
et blessures volontaires.
Antoine
LAVENIR est décédé le dimanche
10 avril 1879, à
l’âge de 48 ans, à
l’hôpital de l’Ile
Nou.
Monographie
de La Chapelle de Guinchay
Chapelle
de
Quicay, de Quinchay, Capella Sanctoe Marioe de Quincheyo
La
Chapelle
de Guinchay
est une commune de
Saône et Loire dans la Bourgogne. Ses
habitants sont appelés soit les chapellois soit les
capelins.
Sous l’Ancien
Régime, elle faisait partie du bailliage, de la recette et
du
diocèse de Mâcon,
de l’archiprêtré de Vaux Renard et de la
justice de
l’abbé de Tournus. Les
seigneurs de Lyon étaient hauts justiciers de la terre et
seigneurie de Loyse.
Nous pouvons voir plusieurs châteaux comme celui de Loyse, de
Belleverne, des
Broyers… On y a trouvé de nombreux objets
antiques, tels
que statuettes,
monnaie, urnes… Son église est sous le vocable de
Note
Dame du Mont Carmel.
Voici
la liste des hameaux qui composent cette localité :
*Belleverne
*Les Gays
*Les
Blémonts
*Les
Jean-Loron
*Les
Boccards
*Les
Journets
*Le
Bois de Loyse
*Loyse
*Les
Broyers
*Les
Marmets
*Les
Burriers
*Massonnay
*Combe-Darroux
*Les Nuguets
*Les
Daroux
*Les
Paquelets
*Les
Déchamps
*Pontanevaux
*Les
Gandelins
*Potets
Il
s’y trouvent aussi des écarts :
*La
Batie
*La Fayarde
*Les
Bruyères
*Le
Moulin-des-Champs
*Les
Déroches
*Les
Tournets
Le
village est adossé à la chaîne de
montagnes qui
traverse le département du sud au nord,
s’étend sur
deux coteaux parallèles,
séparés par un vallon dans le fond duquel coule
une
rivière La Mauvaise, cours
d’eau qui porte bien son nom.
Petit historique de la
garde Nationale
La
garde
nationale est née
pendant la Révolution
française. Cette milice armée est
composée de
simples citoyens chargés de
maintenir l’ordre dans leur ville et leur quartier.
Officiellement supprimée en
1827, elle est rétablie en 1830 au moment des Trois
Glorieuses.
Sa
participation à la Commune de Paris entraîne sa
suppression définitive le 14
mars 1872.
Châtillon
Le
4
avril 1871, l’offensive des Communards échoue
dans cette ville, qui se trouve aux portes de Paris. Près de
mille cinq cent hommes
sont faits prisonniers et emmenés à Versailles.
Rue
d’Aligre
Cette
rue est au cœur du quartier d’Aligre dans le
XIIème
arrondissement de Paris.
Origine et petit
historique
du bagne
La
peine des galères
consiste à
ramer sur les
bâtiments de ce nom. La plus
ancienne ordonnance que nous connaissons remonte à 1564,
sous
Charles IX, et
elle fait supposer l’existence antérieure de cette
peine,
qui toutefois n’a pu
précéder le règne de Charles IV,
premier roi de
France qui ait entretenu des
galères sur mer. Cette peine est temporaire ou
perpétuelle. Temporaire, elle implique l’infamie,
sans
confiscation de corps ni de biens.
Perpétuelle, elle
entraîne la mort civile et la confiscation de biens, dans les
provinces où elle
a lieu. Tout condamné aux galères doit
être
préalablement fouetté et marqué au
fer chaud des trois lettres GAL. Le minimum de la durée de
la
condamnation doit
être de dix ans, d’après
l’ordonnance de
1564 ; mais cette disposition est
vite abandonnée et le minimum de la durée
s’abaisse
jusqu’à trois ans.
Cette
punition des galères fut dans son temps un premier
progrès dans l’ordre de la
pénalité, car employer des hommes à
ramer,
c’était déjà poser et
admettre dans
la théorie de l’emprisonnement, le principe de
l’occupation ou du travail des
condamnés. Tant que la marine militaire se compose de ces
bâtiments appelés
galères, les condamnés employés
à la
manœuvre des avirons sont la principale
force de ces navires.
Cependant,
les progrès de la science amènent des
perfectionnements
dans l’art de la
navigation et des constructions maritimes. La suppression des
galères pour le
service de mer, prononcée par l’ordonnance de
1748,
produit dans la marine une
révolution qui en appelle une autre dans l’ordre
de la
pénalité. C’est alors
que, sous le nom de bagnes, des établissements permanents,
créés soit à terre,
soit à bord de bâtiments flottants et hors
service, sont
destinés à recevoir
les forçats, telle est l’origine historique des
bagnes.

L’étymologie
de bagne vient de l’italien bagno
(bain). A Livourne, les prisonniers étaient
détenus dans
des caves situées
au-dessous du niveau de la mer.
Les
premiers
bagnes qui s’élèvent en France sont
Brest et
Marseille. Au
mois d’avril et de mai de chaque année, on conduit
par
chaîne, les condamnés
des diverses provinces de France. La plupart de ces hommes autrefois
occupés à
ramer sur les galères restent dans les bagnes,
enchaînés sur leurs bancs. Seuls
quelques uns font des travaux de grande fatigue des arsenaux, tels que
l’arrangement des bois, le curage du port… Aussi,
les
détenus contractent des
maladies chroniques ; leurs forces
dépérissent
d’où une mortalité
importante lors de la détention. Sous
l’administration de
Monsieur Delareinty,
intendant de la marine à Toulon vers 1818, est
adopté le
principe du
tour de rôle.
En effet, chaque forçat est autorisé à
travailler
à l’extérieur du bagne. Il en
résulte une immense amélioration dans
le régime sanitaire des bagnes, qui en provoque une autre
dans
leur régime
disciplinaire. En reprenant leurs forces, les forçats
révèlent leurs aptitudes
à différents services des ports, autres que des
travaux
plus que pénibles. On
en répartit progressivement plusieurs dans les
différentes directions et
manufactures des ports ; on en accorde même aux
artisans et
fabricants
pour travailler chez eux aux conditions et soumissions en cours pour la
sûreté.
Dans l’intérieur des bagnes, on permet aux hommes
de
s’occuper, hors du temps
de service, à divers ouvrages pour leur profit personnel et
à
les revendre.
L’ouvrier habile peut même se dispenser de la
fatigue de
l’arsenal, en payant
un autre forçat pour le remplacer.
La
Nouvelle-Calédonie

Le
britannique James
Cook découvre et
baptise la
Nouvelle-Calédonie en septembre 1774.
En
1841, les
Pères Maristes installent une mission
en Nouvelle-Calédonie et commencent
l’évangélisation des Kanaks.
La
loi du 8
juin 1850, prévoyait Nuka-Hiva, une des
îles Marquises, pour l’exil des
déportés
politiques, car très éloignée de tout
continent, garantie contre l’évasion. Elle avait
en outre
de nombreuses vallées
dépeuplées, avantage quant à
l’expropriation
des populations autochtones.
Le
24
septembre 1853, le contre-amiral
Febvrier-Despointes, sur les ordres de Napoléon III, prend
officiellement
possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de la France.
En
mars 1862,
le capitaine de Vaisseau Charles
GUILLAIN est nommé gouverneur de la
Nouvelle-Calédonie.
Par
décret en date du 2 septembre 1863,
Napoléon III désigne la
Nouvelle-Calédonie comme
lieu de Transportation.
Le
9 mai
1864, arrive en rade de Nouméa l'Iphigénie, premier
convoi de 250 transportés.
Du
21 au 28
mai 1871 à Paris, la « semaine
sanglante » mais fin de façon tragique
à la
Commune avec le massacre de
300 insurgés à la Madeleine, 700 au
Panthéon, puis
au cimetière du Père
Lachaise, où 147 communards sont fusillés au mur
des
Fédérés
le 28 mai.
Le
23 mars
1872, l’Assemblée Nationale, siégeant
à
Versailles, vote à l’unanimité la loi
sur la
déportation.
Le
5 mai
1872, la Danaé
quitte le port de
Rochefort (17) avec à son bord le premier convoi de
déportés.
Le
4 octobre
1872 arrivée à l'Ile des Pins du
premier convoi de déportés, après 153
jours de mer.
En
avril
1873, l’Assemblée crée une commission
dite
« des Grâces ».
En
mars
1879, le maréchal de Mac Mahon démissionne. Il
avait
cependant été obligé de
prononcer 2245 grâces individuelles, dont 1164 concernaient
des
déportés
simples. Cette nouvelle mettra trois mois pour arriver en
Nouvelle-Calédonie et
permettre la publication de la liste au
« Moniteur ».
Le
11
juillet 1880, loi d'amnistie générale pour tous
les
déportés de la
Commune qui ne l'avaient pas encore été et les
derniers
communards sont
rapatriés dans la première quinzaine
d’octobre de
la même année. C'est donc la
fin du calvaire, et le retour vers la métropole. Hormis les
morts pendant leur
déportation, seuls quelques déportés
resteront en
Nouvelle-Calédonie et y
feront souche.
La Virginie
Cette frégate
à voiles est
restée en
service de
1842 à 1884, effectuant trois voyages vers la
Nouvelle-Calédonie : Un convoi de transportés et
deux
convois de déportés.
Pour ce qui nous intéresse, le navire est placé
sous le
commandement du capitaine de Frégate LAUNAY.
Après avoie
quitté la rade de Toulon (Var) le 19 juin 1872, la Virginie
passe le
1er juillet
devant le
rocher de Gibraltar, et arrive à Gorée, sur les
côtes du Sénégal, 12 du même
mois, où
elle fait une escale de quelques jours pour se ravitailler. Le 9
août, notre frégate coupe la ligne de l'Equateur
et se
dirige vers le Brésil, où elle mouille en face de
Santa-Catarina, du 29 août au 12 septembre. Le 27 septembre,
sur
le chemin du Cap de Bonne Espérance, elle subit une grosse
mer.
Le 15 octobre, elle se trouve au large des îles
Kerguélen.
Enfin le 23 novembre 1872, la côte calédonienne
est en
vue, et la Virgine jette l'ancre en rade de Nouméa le
lendemain,
après 158 jours de voyage.
lexique
Bagne
: de
l’italien bagno bain. Déportation :
La loi de
1810 sur la
déportation prévoyait que la condamnation
à la
déportation consistait « à
être transporté et à demeurer
à
perpétuité dans un lieu
déterminé par la
loi,
hors du territoire continental de la
République ».
C’était une
condamnation d’ordre politique, où
déporté
n’est pas soumis aux travaux forcés
mais sa peine reste infamante. La punition d’exil est
décidée par une loi,
comme elle peut-être annulée par une autre loi qui
accorde
l’amnistie. De
retour en France, le déporté recouvre ses droits
politiques.
Déporté :
terme appliqué aux condamnés politiques,
jugés par
des Conseils de Guerre (loi
du 8 juin 1850).
Transportation
:
condamnation de droit pénal. Les condamnés sont
amenés sur un lieu de travail
forcé. Leur peine est infamante. C’est le bagne.
Ils
perdent leur état-civil et
vivent sous un numéro matricule. De retour en France, le
transporté ne recouvre
pas ses droits politiques.
Transporté :
terme appliqué aux auteurs de crimes, condamnés
à
la peine des travaux forcés
par une Cour d’Assises (loi du 30 mai 1854).
Relégation
:
condamnation de droit pénal appliquée en
matière
correctionnelle, à partir de
1885, aux délinquants récidivistes. Le
condamné
effectuait sa peine de prison
en métropole, et était ensuite
expédié en
Nouvelle-Calédonie. Si le relégué
avait les moyens de subvenir à ses besoins, la
relégation
était individuelle.
Il lui était octroyé une concession, mais il
avait
obligation de résidence au
lieu désigné. La relégation pouvait
aussi
être collective, ce qui ne différait
que peu de la transportation (travaux forcés, vie en commun
avec
les autres
condamnés dans les camps de relégation et sous
surveillance).
Relégué :
terme appliqué, à partir de 1885, aux
délinquants
récidivistes, jugés et
condamnés en correctionnelle (loi du 27 mai 1885).
Colonisation
pénale
: Le
transporté une fois arrivé, reçoit un
costume, un
numéro matricule
et perd ses droits civiques. Lorsque la condamnation est de moins de 8
ans, au
bout de la peine, on lui donne une propriété et
il se
retrouve agriculteur,
éleveur. Ceci s’appelle une colonisation
pénale.
Lorsque la deuxième peine est
finie, le condamné doit payer son voyage de retour.
S’il
ne peut pas payer il
reste sur le territoire. Par contre, le gouvernement paye le voyage
à la
famille qui veut le rejoindre.
Sources
:
- Archives
Municipales de La
Chapelle de Guinchay.
- Archives
Territoriales de la
Nouvelle Calédonie.
- MAITRON
Jean :
Dictionnaire
biographique du mouvement ouvrier français.
- DELATTRE
Editions : La Saône
et Loire, les 573 communes.
-
www.library.northwestern.edu/spec/siege.
-
http/historic-marine-France.com.
Crédits
Photographiques
:
Archives
Territoriales de la
Nouvelle Calédonie.
http://dossiersmarine.free.fr/fs.html.
Madame Guinard Patricia.
Nota :
Recherches effectuées
par Monsieur Lambré Michel
pour la Nouvelle Calédonie, Madame Guinard Patricia pour la
métropole.